MIMEI SAKAMOTO

Des débuts difficiles

Mimei Sakamoto est née en 1965 à Yokohama.

C’est une artiste engagée qui a su briller dans plusieurs domaines. Peintre, photographe, chanteuse, écrivain, elle a connu une carrière très heurtée en raison d’une santé physique et mentale fragile.
Son parcours témoigne d’une énergie créatrice et d’une résilience rares.
Bien que née dans une famille difficile (son père avait des problèmes avec l’alcool et sa mère était dépressive), elle parvint à faire ses débuts en tant que mangaka en 1989, à l’âge de 24 ans.

Elle rencontra immédiatement le succès, notamment pour ses représentations  de la sexualité : à cette époque, beaucoup de lectrices attendaient ce genre  d’œuvres amoureuses et érotiques. Elle fut acclamée dans la série des «  Queen of Lady Comic », mais finit par refuser d’être cantonnée au monde de  l’érotisme. 

Elle publia alors des mangas destinés aux études, par exemple des mangas  sur l’Empire romain (Kodansha Publishing) se concentrant sur des thèmes  historiques ou mythologiques. Elle écrivit également des essais, des critiques  politiques et des reportages. Son activité continua d’attirer l’attention et elle publia plusieurs de mangas parmi lesquelles « Nippon no Mimei » (Fusosha Publishing), « Urei-Chan’s Tell me! Please » (Sankei Shinbun) et «  Non Non Non-Chan » (Kodansha Publishing). 

 
Mimei Sakamoto

(photo by Benjamin Lee)

C’est à cette époque qu’elle rencontra Shigeru et Sakie Yokota, dont la fille avait été enlevée par la Corée du nord.

Les enlèvements de citoyens japonais

Dans les années 70, la Corée du Nord a enlevé plusieurs jeunes personnes, hommes et femmes, en Corée du sud et au Japon. Megumi YOKOTA fait partie de ces personnes enlevées.

Aujourd’hui encore, le sort de Megumi reste un mystère. Ses parents continuent de se battre sans relâche pour enfin connaître toute la vérité. À son niveau, Mimei Sakamoto cherche à les aider en faisant connaître cette histoire tragique.

Pour en savoir plus : JAPAN FORWARD about abductions by North Korea (Article en anglais)

Megumi YOKOTA, enlevée par la Corée du nord

Alors qu’elle travaillait dans divers domaines, elle développa une maladie du collagène en 2006. Son état empira, allant jusqu’à menacer sa vie. On lui diagnostiqua également un syndrome d’Asperger et des troubles bipolaires, et elle commença à suivre un traitement.

En 2008, elle perdit le contrôle de ses mains, l’empêchant de continuer à dessiner. Elle s’intéressa alors au chant. Comme elle le dira alors : « Je veux pouvoir continuer à m’exprimer jusqu’à la fin de ma vie ». Elle sortit en 2009 son premier CD intitulé « Life – Inochi » (Rumbling Record).

Elle dut arrêter la plupart de ses activités entre 2010 et 2015. Elle s’était tournée vers la chanson après que ses mains l’eurent abandonnée, mais sa voix ne tarda pas à lui faire défaut également. S’habiller ou marcher étaient devenus des défis. Elle ne put compter sur ses parents, qui lui  refusèrent tout soutien. Monsieur et Madame Yokota l’aidèrent à traverser cette période difficile. 

En 2013, elle épousa Shigeru Takeda au sanctuaire de Yasukuni, une cérémonie suivie d’une réception à l’hotel Chinzanso à Tokyo. Son état s’améliora peu à peu et, avec les soins et le soutien constant de son époux, elle parvint à sortir deux albums en 2012 et 2013, suivi d’un troisième en 2020:

Elle retrouva un peu le contrôle de ses mains et fit ses débuts en tant que peintre à la galerie Yoshii en 2017, avec des peintures à l’huile et des gravures. La galerie Yoshii est fortement liée à la France car c’est ici que Matisse et Chagall furent introduits au Japon. L’exposition de Mimei Sakamoto se concentra sur des œuvres représentant le couple Yokota, pour faire connaître leur cause et leur fille toujours retenue en Corée du nord. Une partie des recettes de cette exposition fut donnée à l’association de familles des victimes d’enlèvement.

La même année, elle reprit son activité de chanteuse. Au Suntory Hall’s Blue Rose, elle tint un concert (« 3.11 Juku ») pour le retour des enfants enlevés et pour la reconstruction des régions touchées par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. La majorité des revenues fut donnée l’Association de familles des victimes d’enlèvement et à une association d’aide aux orphelins ayant perdu leurs parents lors du séisme et du tsunami.

En 2018, à nouveau alitée en raison de sa santé déclinante, elle écrivit les paroles de la chanson « Aoi Densetsu » (musique composée par Seishi Endo, arrangements par Shigeaki Saegusa), en l’honneur des victimes d’enlèvements. Elle interpréta cette chanson à la Basilique Sainte-Marie-Majeure, propriété du Vatican.

Quand le Pape se rendit au Japon en 2019, elle photographia les messes tenues à Nagasaki et Tokyo en tant que photographe officielle de Kodansha Web Hyundai. Elle s’impliqua également dans l’édition de “Les mots du Pape” (Kodansha) et supervisa la postface.

En 2020, elle fut primée lors de l’« Exposition Art actuel France-Japon », événement se tenant sous la tutelle du Salon d’Automne. Elle produisit également « Web-Concert conjoint franco-japonais – Messages 2 », un concert virtuel en l’honneur du personnel médical et pour tous ceux souffrant de la solitude en raison du confinement.

Le 23 octobre de la même année, elle tint un concert au Southern Theatre et sortit un nouveau CD « Moulin Rouge » (Mimeidia), comprenant deux duos avec Benjamin Legrand, fils de Michel Legrand. Le même jour sortit également « Histoires d’amours » (MIMEIDIA), un recueil de cinq nouvelles illustrées de photos où elle posa comme mannequin. Mimeidia est une maison d’édition dirigée par Mimei Sakamoto.

Récemment, elle partage son temps entre la France et le Japon, se formant auprès d’Yves Mathieu (propriétaire du Lapin Agile) et créant des œuvres inspirées par l’atmosphère de Montmartre, désireuse d’envoyer un message au monde grâce à l’art.

Nous espérons que vous apprécierez ces uniques visions de Paris, créées par Mimei Sakamoto, artiste aux multiples médias.

Années récentes — Un renouveau créatif (2024–2026)

Après une période de consolidation et de formation auprès d’Yves Mathieu (propriétaire du Lapin Agile) à Montmartre, Sakamoto Mimei a connu un regain d’activité artistique exceptionnel, marqué par des expositions en France et au Japon, des publications, des performances et des collaborations internationales.

2024 — Expositions et publications

  • Février— Performance Tamashizume (Apaisement de l’âme), explorant les thèmes de la mémoire et de la réconciliation spirituelle
  • Mai–juin — Exposition solo de trois semaines à La Petite Galerie, Honfleur, Normandie. L’artiste est tombée amoureuse de la lumière de cette ville portuaire qui jadis attira les impressionnistes. Ouest-France couvrit l’événement.
  • Août — 25e Japan-France Contemporary Art World Exhibition
  • Septembre — Lancement du livre « Mizu no Inochi ~ Road to Lapin Agile » (L’Eau de la vie ~ La route vers Lapin Agile) aux éditions Wani Plus, fruit de quatre années de recherches, à la librairie Kinokuniya Shinjuku
  • 2024 — Acceptation au Salon de la Toussaint avec l’œuvre Shijima no Kozue (Silence dans la cime), vue du mont Fuji depuis une branche de pin

2025 — Défis et résilience

  • Toute l’année — Séminaires de manga et cafés d’écriture parents-enfants à Tokainaka House et Umetopia, connectant sa pratique du manga à l’engagement communautaire
  • Juillet — Performance à la PAL Party avec le musicien Imai Ryotaro à Engine Zero One Kaga Onsen
  • Septembre — Rencontre inspirante avec le professeur Akihide Tanigawa, atteint de SLA, qui risquait sa vie pour participer à un échange culturel
  • Octobre–novembre — Voyage en France pour le Chicago Paris Cabaret Connection à Paris, avec un retour anticipé le 9 novembre pour raisons de santé
  • Novembre — Entretien dans le magazine STORY et couverture médiatique sur Yahoo News
  • Novembre — Réalisation de l’illustration de couverture du livre du professeur Tanigawa : « ALS : La torche de la vie »
  • Novembre — Blessure grave la laissant incapable de marcher pendant deux mois, suivie d’une convalescence

2026 — Nouveaux commencements

  • Février — Trois passages radio consécutifs sur interFM pour annoncer des événements culturels
  • Mars — Fresque au Seiseki Sakuragaoka Shopping Center pour le lancement de Tokyo Infiolrata, complétée en deux jours
  • Mars — Exposition au **Salon International Paris**, Bastille Design Center, avec quatre œuvres majeures : Jinsei wo Egaba Sareta Musume, Hōkō, Shōten, Umi no Mukō de Matteiru
  • Juin — Premier CD en France : « La Rose de Chenini » (sortie le 5 juin), avec Jean Claude Orfali (piano), sur un poème de Grégoire Collon et une composition de Catherine Bedez
  • 10 juin — Conférence sur le junihitoe (十二単衣 — robe de cour japonaise traditionnelle à douze couches) au Centre culturel japonais, incluant une démonstration de la façon de la porter, avec projection-résumé de Tamashizume.

Philosophie

L’œuvre de Sakamoto est façonnée par une conscience aiguë de l’histoire et du lieu. Elle a réfléchi à la transformation de Tokyo depuis la guerre — les gratte-ciel érigés sur des terres brûlées — et à l’ombre spirituelle que la prospérité matérielle peut projeter. Son art cherche à rendre visible ce qui se cache sous la surface : la mémoire, le désir, et la résilience de l’esprit humain.

« Même alitée, mes œuvres ont porté mes pensées jusqu’à Paris — cela me rend heureuse. »

Elle partage actuellement son temps entre la France et le Japon, désireuse d’envoyer un message au monde grâce à l’art.

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